Mémoires d’un gone de la 75

Lundi 2 septembre 1975, 7 h 40 : mon train de nuit condescend enfin à serrer les freins au butoir de la Gare de Lyon. Retard une heure. Dans 20 minutes, il me faudra avoir franchi le porche du 5 rue Descartes, sous peine de… de voir se fermer à mon nez mon rêve d’intégration dans la plus militaire des grandes écoles ? Il est bien loin, ce petit matin de fin juillet où j’avais eu le bonheur de voir mon nom en haut de la liste ! Voila que mon intégration ne dépend plus que de mes mollets et de mon habileté à déjouer les entraves de mon paquetage de provincial novice. Je prends mes jambes à mon cou.

8 h 03 : me voici dans la Boîte à claques, tout suant ; presque ponctuel. Tout va bien. Autour de moi, de jeunes asperges décontractées devisent gaiement : les Parisiens, c’est sûr, venus en voisins de Louis-le-Grand. Eux savent de naissance toutes les astuces du métier. Il va me falloir me mettre à leur école. Mais, petite bouffée de fierté, désormais, je suis l’un des leurs.

Vendredi 6 septembre, 22 h : en gare d’Austerlitz, le « train spécial de l’Ecole Polytechnique » s’ébranle. Direction : le Larzac. On sort d’une semaine d’incorporation plutôt douce, sur la Montagne Sainte-Geneviève. Je me sens encore poisseux des odeurs de tambouille refroidie qui suintaient des murs. Pour l’an prochain, on nous a promis une nouvelle école, toute belle, en lointaine banlieue. Pour moi, pas d’état d’âme. Mais auparavant, il nous faut vivre l’étape du service militaire. « L’armée fera de vous des hommes », qu’ils disaient. Première étape, le Larzac.

Souvenirs de la 75 (1)

Le Larzac, on y passera trois semaines. Lever à 6 heures (il paraît qu’on était trop long à mettre les lits en batterie), les couleurs, l’enlèvement à potron-minet par camions bâchés pour des champs de cailloux lunaires au milieu de nulle part, le crapahut toute la journée : le soir, dès 22 heures, on tombe comme des mouches. Les filles s’accrochent : de vraies guerrières ! Chez les garçons, on affecte l’impertinence. On fredonne du Brassens pendant les transits nocturnes : « Moi mon Colon, celle que j’ préfère / C’est la guerr’ de 14-18 ! ». Une nuit, un chahut savamment orchestré par quelques-uns nous voit fébrilement tirés du lit pour un départ en manœuvres factice. Rassemblement dans la cour de l’armée de Bourbaki, qui débraillé, qui en maillot de bain, et en route vers le mât des couleurs, une deux, une deux ! A l’arrivée, il ne reste plus que trois naïfs. Les autres ont discrètement rebroussé chemin pour retourner au lit. Remake de la 7ème Compagnie… Plus subversif encore, un camarade vient nous taper un soir de 30 Francs chacun. Nous nous cotisons pour acheter une parcelle du Larzac, au milieu des terres convoitées par l’Armée. La lutte des paysans contre la Grande Muette bat alors son plein. Au camp, on n’en reçoit que des bribes d’information étouffées. Et ce n’est pas dans les bistros à soldats qui s’égrènent sur la route entre le camp et la nationale, et qui affichent fièrement les porte-clés des bataillons amis, qu’on en aura entendu parler. Mais nos camarades sont allés en secret négocier avec la résistance. C’est un jeune néo-paysan du nom de José Bové qui leur a proposé le marché. L’idée est de faire les gros titres de la presse pour galvaniser la résistance. D’ailleurs, dès le lendemain matin, on nous rend notre argent. C’était ça ou le trou ! Tant qu’à faire… A la fin du séjour, tout le monde fait la queue dans la chambre du bizuth SNCF, celui qui connaît le Chaix par cœur et sait dire de chic au camarade breton à quelle heure et sur quel quai de la gare de Montpellier il pourra prendre le train de sa première perm’ tout comme les détails de ses correspondances. Déjà finies, ces vacances au milieu d’êtres aussi extraordinaires ? Que nous promet l’avenir besogneux du « vrai » service militaire ?

Et voici l’école d’appli. J’ai choisi Châlons-sur-Marne. La concurrence n’était pas féroce ! Tout le monde se ruait sur les transmissions ou l’armée de l’air, réputées planquées. Moi, je voulais faire du tourisme dans une région inconnue. Châlons : ses immenses champs de betteraves à la sortie du campus de l’école, dont une heure de cross suffit à peine à faire le tour ; ses séances de bombardement dans le camp de Suippes, quand par -7° la main se crispe sur les jumelles ; ses nuits glaciales occupées à monter la garde en implorant les étoiles de bien vouloir pâlir devant le soleil du lendemain ; la pizzeria, seul foyer de chaleur humaine dans la lourde nuit du permissionnaire de retour le dimanche soir…

Ensuite, c’est le régiment. Enfin, les responsabilités ! A 19 ans et des poussières, me voila instructeur de jeunes Francs-Comtois à l’accent à couper au couteau dans un régiment installé en plaine de Bade. Je découvre les vrais Français, ceux que j’avais quittés à la sortie du CM2, ceux qui vivaient à 15 kilomètres de la grande ville et n’y avaient jamais mis les pieds : des jeunes en difficulté avec la lecture, au physique fragile, qui ne supportent pas les longues marches et tirent au flanc de leur mieux. Ivre de ma jeune autorité, je joue les caïds, sans vraiment convaincre. Le colonel, délicat, s’emploie à me remettre sur mes rails. Je profite de mon implantation pour nouer des contacts avec les Allemands. Je ferai même un petit stage de philosophie politique organisé à l’attention d’élèves officiers de la Buindeswehr. Quand je leur expose avec l’ardeur du catéchisme que je fais partie des Französische Besatzungstruppen, les troupes d’occupation françaises en Allemagne, ils esquissent un sourire poli et passent aux choses de la vie. Aux premiers temps de mon séjour, alors que l’hiver ne veut pas en démordre, on retourne en mission dans les camps de Champagne. C’est là qu’un soir, revenant sous ma tente, l’esprit vide, je découvre une superbe nana à poil sur un tabloïd négligemment ouvert sur mon lit de camp. Le lieutenant a voulu me dégrossir. C’est réussi. Qu’en eût-il été si ladite nana s’était présentée en chair et en os ? Ce petit séjour de 7 mois, qui s’achève au plus fort de la terrible sècheresse de 1976, heureusement atténuée par la présence du Rhin et l’adossement à la Forêt Noire, a des airs de vacances.

Septembre 1976 : retour à l’Ecole. J’appréhende un peu. Pendant cette année militaire, je n’aurai pu lire que 20 pages d’un petit livre de poche sur la topologie des surfaces auquel j’avoue n’avoir pas compris grand-chose. Tiendrai-je le coup dans le chaudron de nos amphis ?

Souvenirs de la 75 (2)

Le plateau de Palaiseau : le voici enfin. 166 hectares de prairies, un grand lac, un bâtiment central aux dimensions vertigineuses, des résidences proprettes, avec chambres individuelles dotées de larges baies vitrées. Pas franchement douillet, un peu trop grand quand même. Je garderai de ce séjour de deux ans sur le plateau le souvenir glacial du vent mugissant dans les huisseries et balayant le « couloir de la mort » qui nous mène le matin vers l’amphi. Nous sommes 331 élèves à peupler ces 166 hectares. On les partage certes avec les chercheurs et les militaires, mais c’est comme si un mur de Berlin invisible cloitrait les premiers dans leurs labos, où nous ne ferons que de timides incursions en fin de scolarité, et les seconds dans leurs bureaux.

Souvenirs de la 75 (3)

L’amphi Arago : magie de la découverte de Laurent Schwartz, mythique prof de maths, médaillé Fields au sommet de sa carrière ; celui qui croise les espaces de Banach dans la rue. En sortant de son cours, on a l’impression d’avoir tout compris. Mais la petite classe qui suit s’emploie à nous ramener à plus d’humilité. Il y a aussi Roger Balian, professeur de physique statistique, qui nous réconcilie avec la thermodynamique en nous faisant la retrouver au détour de la théorie de l’information de Shannon : Roger Balian, délicieux professeur qui, par crainte – savamment alimentée par quelques facétieux – de ne pas être lu des rangs du fond, doit monter sur la pointe des pieds pour dessiner au tableau d’énormes formules.

Il y a aussi H2S (les humanités), auxquelles mes camarades accordent un crédit variable. Un jour, Michel Debré, ancien Premier ministre du Général de Gaulle, sera apostrophé par la promo avec des propos grivois indignes. Un autre, en cours de dessin, tout collé que je suis à mon œuvre, je m’aperçois en levant le nez que tous mes camarades ont déserté. Je les retrouve dans la pièce à côté, occupés à apprécier en esthètes une camarade qui a bien voulu revêtir la tenue d’Eve pour poser devant ses confrères.

Et puis, il y a le sport, qui rendrait volontiers les militaires sympathiques. Enfin, les sous-offs instructeurs… Car le Commandant et ses hauts supérieurs restent « la mili » honnie des post-soixante-huitards sûrs d’eux-mêmes que nous sommes. Pour le sport, rien ne manque : terrains de foot, de rugby, de tennis, piscine, anneau de vitesse cycliste autour du campus, manège à cheval, bus militaires pour Fontainebleau pour les courses d’orientation et l’escalade…

Souvenirs de la 75 (4)

On nous a concocté un emploi du temps bien rythmé. Chaque jour, à l’exception du jeudi, réservé à H2S et au sport, ce sera un amphi magistral en fin de matinée, suivi de petites classes en début d’après-midi. J’avoue que le taupin que je suis resté éprouve un certain vertige à devoir ainsi meubler des journées aussi vides. Devoir attendre de longues matinées, sous le vent mugissant du plateau, le rendez-vous libérateur de l’amphi Arago, m’angoisse quelque peu. Et c’est alors que les choses se gâtent. Car ce tempo plutôt pépère n’est pas du goût des têtes pensantes de la promo qui le trouvent au contraire trop dense. A peine installés sur le campus, elles déclenchent une grève. Les grèves, je ne les ai que trop connues au lycée, quand à l’arrivée du car de ramassage, aux beaux matins du printemps, je trouvais la cour en ébullition pour quelque cause qu’aucun de mes camarades ne savait m’expliquer et dont la veille encore ils n’avaient pas la moindre notion. Ici, c’est plus compliqué : après tout, nous sommes une école militaire. Mais nos devanciers de la 74 ont donné l’exemple en se mettant un jour en grève de l’uniforme par solidarité pour des camarades qui avaient à l’entrée du concours distribué des tracts contestant le statut militaire de l’Ecole. Nous voila donc en amphi, à attendre patiemment que passe la harangue de nos délégués. Résultat : toute la promo est consignée pour une semaine. Catastrophe : car j’ai en poche des billets pour le spectacle de Brassens à Bobino samedi soir, c’est ma première sortie à Paris et mes sœurs montent pour la circonstance. En définitive, à l’approche du week-end, la mili, sagement, libère les fauves. Ouf ! La voie est libre. Jusqu’à la prochaine incartade.

Celle-ci se produira, effectivement, un an plus tard. Et là, quoiqu’il en coûte à son humilité, la promo fera les gros titres de la presse : « Tempête sous les bicornes », « La guerre des boutons à l’école polytechnique », et autres trouvailles sémantiques. Un mardi matin, 29 novembre 1977, convocation de la promo par la Kès dans le PoinK. Ambiance prérévolutionnaire. Un de nos camarades, Franck Boileau, un chic type, vient d’être mis aux arrêts de rigueur pour avoir répliqué au Général. L’affaire s’est passée au Bal de l’X, dans la nuit de vendredi à samedi. Vers trois heures du matin, le Général aurait croisé notre camarade en galante compagnie, le col du Grand U dégrafé, et lui aurait intimé l’ordre de se reboutonner. Ce à quoi notre camarade aurait répondu : « Mon Général, quand on danse, il fait chaud ! », avant de tourner les talons. Sanction : 15 jours de trou. Par solidarité – un mot très à la mode dans les rangs estudiantins, bien avant que Lech Walesa lui donne ses vraies lettres de noblesse – la promo est invitée à entamer une grève illimitée. A ma place, j’attends flegmatiquement, et à vrai dire dépité, que jeunesse se passe. Je lorgne du coin de l’œil la lecture de mon voisin, le numéro zéro de Pour la Science qui vient de sortir avec un article passionnant sur les trous noirs, ceux dont notre excellent professeur Bernard Grégory disait qu’ils étaient « troublants ». La grève durera une semaine. Le lundi suivant, sagement, on reprend le chemin des cours et la direction de l’Ecole libère l’impertinent. La gréviculture ne fera plus de nouvelles pousses.

Souvenirs de la 75 (5)

Ce n’est que bien plus tard que j’ai compris les tenants et aboutissants de ces affaires. Certes, notre génération avait une propension au chahut et au défi des institutions qu’ont perdu ses descendantes et que ses membres eux-mêmes, coulés dans le moule du beau monde, ont pour la plupart oubliés. Dans ses rapports, le Général Jean-Noël Augier note avec une certaine indulgence que « les polytechniciens ont toujours présenté les qualités et les défauts des jeunes français de leur génération mais à un degré élevé. Ils sont certes intelligents et portés à la critique, mais en revanche leur bon sens n’est généralement pas encore développé, et leur générosité les porte à militer pour n’importe quelle cause pourvu qu’elle leur soit astucieusement présentée comme juste ». Plus incisif, André Frossard nous compare, dans notre fronde antimilitariste, à « des marins craignant le mal de mer et qui sommeraient l’Amirauté de tirer ses navires au sec ».

Souvenirs de la 75 (6)

En fait, je ne l’ai découvert que bien plus tard, il y avait fondamentalement un enjeu de positionnement de l’X dans l’appareil de formation des élites françaises. Et ce jeu se jouait à trois : la tutelle, le corps enseignant, et les élèves. La tutelle avait souhaité profiter du déménagement à Palaiseau pour structurer la scolarité autour d’un tronc commun solide, matrice d’une vie de promo censée préfigurer la solidarité active entre ses membres. Le corps enseignant rêvait de plier les promos à l’austère mais exaltante discipline de la recherche et militait donc pour des enseignements plus pointus et à la carte. Et les élèves, par-delà la revendication basique du moindre effort, souhaitaient que l’Ecole les incite à plus d’initiatives et estimaient de fait que l’organisation du Point Gamma avait autant de valeur pour la Botte que le succès aux examens de calcul en éléments finis. Laurent Schwartz s’en était clairement expliqué dans les colonnes du Monde. Dans l’édition du 18 novembre 1977 (quelques jours seulement avant la grande « grève des boutons »), il disait ceci : « L’Ecole polytechnique recrute chaque année trois cents élèves parmi les meilleurs, après une intense préparation scientifique, par un concours difficile à base de mathématiques et de physique. On les versera ensuite dans la gestion. Après une ponction aussi large dans le potentiel scientifique du pays, c’est un inadmissible gaspillage de cerveaux. » S’agissant de l’enseignement, il ajoutait : « L’enseignement à l’Ecole devient inadapté devant l’absence totale de politique de formation : peu d’options, plutôt une caricature ; un tronc commun encyclopédique […] Dans des matières aussi vastes on ne peut apprendre que des rudiments, sans valeur formative. » André Giraud, président du Conseil d’administration de l’Ecole, major de la promo du Président Giscard d’Estaing qui en fit ensuite son ministre de l’industrie, et à qui Laurent Schwartz s’était ouvert un an plus tôt de ses craintes, lui avait alors plaidé le choix de « l’acquisition d’un ensemble harmonieux de connaissances », à travers un tronc commun bien structuré. Un peu plus tard, il avait rappelé que « Ce sont surtout de grands ingénieurs capables d’effectuer les grandes synthèses techniques, à la tête d’équipes de spécialistes, que nous cherchons à former. Bien entendu cela n’exclut pas que certains anciens élèves soient eux-mêmes des spécialistes de classe, dans un domaine fondamental ou appliqué. » Le Général stigmatisait l’élimination progressive du corps enseignant des ingénieurs. Quant aux élèves, leur éphémère feuille de chou Ellébore dénonçait une ambiance de bachotage infantilisante : « La création d’ingénieurs inventeurs n’a jamais été le but de l’X » ; le classement crée une « psychose » ; l’enseignement devrait être « beaucoup plus libéral et non pas franchement optionnel » ; « Qu’est-ce qu’on fait là ? […] Toujours se repousse le choix de notre avenir… Est-ce qu’au bout il nous restera un choix à faire ? Mais est-ce qu’il nous en restera seulement un peu l’envie ? ».

Souvenirs de la 75 (7)

Mais la vie sur le Plateau, ce n’est pas que la Révolution des boutons. Le naïf que je suis, méfiant envers les théories du grand soir et ravi d’avoir intégré le temple de la science, en gobe chaque jour les fruits délicieux. Il y a aussi ces jours qui s’égrènent sagement dans notre chartreuse. Les week-ends où le « petit reste » des provinciaux lointains et des étrangers fraternise dans un magnan quasiment vide. Les soirées électorales où l’on s’entasse dans les salles de compagnie pour applaudir et siffler, dans des joutes télévisées homériques, le tandem Raymond Barre – Georges Marchais, dans une ambiance qu’on ne retrouve même plus aujourd’hui dans les stades (la politique, on y croyait alors !). La découverte dans la chambre d’un copain d’une nouvelle équation, des idéogrammes chinois qu’étudie tel autre alors que Mao vient à peine de mourir, laissant un pays fermé comme une huitre en proie à la guerre des factions, de la centaine de variétés de thé dont un troisième fait la collection, du dernier Brendel jouant Schubert à la Kès… Quand je me retourne sur mon passé, je me dis que c’est bien là que se sont nouées les amitiés les plus sûres et les plus étonnantes. La vie encasernée qui était notre lot, à nous autres venus de loin, vie à laquelle échappaient pour leur malheur les Parisiens, trop pressés de retrouver tous les soirs Papa-Maman ou leur nid d’amour sous les toits de Paris, a forgé cet esprit de promo qui est je crois une richesse pour notre nation. Il y avait bien sûr du pour et du contre dans cette mise en bocal de 300 jeunes gens immatures. Le Général commandant l’Ecole soulignait avec raison le risque que chaque promo redevienne « ce qu’elle avait été jadis, c’est-à-dire un tout cohérent réagissant volontiers en bloc et dotée d’une âme collective », et vulnérable à ce qu’ « une crise, même bénigne au départ, se durcisse sans autre raison et aboutisse à une impasse ». Mais c’était le risque à prendre pour que 30 ans plus tard, les mêmes puissent sans état d’âme se retrouver sur les chantiers les plus inattendus de l’entreprendre et du vivre ensemble.

J’ai certes eu un choc, bien plus tard, en entrant dans la salle des agapes du magnan des 25 ans de la promo : têtes grisonnantes, profils épaissis… C’était nous, ça ? Aujourd’hui, ma frayeur d’alors est passée, et je reconnais que, oui, c’est bien nous, dans l’unité de nos vies auxquelles deux ans de trempe dans le four de Palaiseau ont conféré un esprit critique, une rigueur et un sens de la communauté bien utiles dans cette société d’émotion et de libertarisme où nous nous trouvons plongés.

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